Revue de presse universitaire
La démocratie des biscuits
Quartier Libre a épluché les différents journaux étudiants des universités du Québec et du reste du Canada. Cette semaine, la politique étudiante en occupe l’avant-scène.
Hugo PRÉVOST
Le moral est au plus bas chez la population étudiante de McGill, suite à l'échec de l’assemblée générale de l’Association étudiante – l’AÉUM, plus connue sous l'acronyme anglais SSMU –, faute d’avoir pu atteindre le quorum. En dépit des 4 000 $ dépensés afin d’attirer les étudiants, seulement 120 d’entre eux se sont présentés à l’évènement. Ils auraient dû être au minimum 374 pour que le quorum des 2 % des membres de l’AÉUM soit respecté.
Bien que les étudiants puissent désormais ratifier en ligne les motions à l’ordre du jour, la mobilisation étudiante semble, tout comme à l’UdeM, avoir beaucoup de plomb dans l’aile. Les journalistes du McGill Daily et du Délit s’en sont donnés à cœur joie. Max Halparin signale que « pour attirer les étudiants à l’AG avec de la nourriture, l’AÉUM a acheté des croustilles et des biscuits. Plusieurs étudiants ont fait la blague qu’il y avait plus de biscuits que de gens dans la salle. »
Laurence Martin, la rédactrice en chef du Délit, s'indigne du fait qu’une étudiante ait pu se faire chanter « Bonne Fête » en faisant voter une motion en ce sens : « Comme quoi l’imbécilité est encore partie intégrante de l’Université McGill, ce lieu de la haute culture où les notions de “sphère sociale” et “sphère politique” ont perdu leurs distinctions respectives alors qu’elles constituent toutes leurs richesses. »
Professeurs à l’UQAM : une espèce menacée ?
Dur temps pour la négociation, alors que le syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ) entame présentement le renouvellement de sa convention collective. L’UQAM traversant une période financière difficile, les membres du syndicat craignent de faire les frais du plan de redressement. Les deux parties pourraient même arriver à un bras de fer, puisque 40 % du corps professoral devra être renouvelé d’ici cinq ans. Le rectorat et le syndicat se retrouvent donc coincés dans une situation qui peut sembler inexpugnable : soit l’administration et les syndiqués acceptent de signer une convention collective respectant le plan de redressement (offrant des bonnes conditions aux professeurs), soit les professeurs partiront pour des universités aux conditions salariales meilleures. En effet, les professeurs titulaires de l’UQAM gagnent en moyenne 10 000 $ de moins que ceux de l’UdeM ou de l'Université de Sherbrooke. Comme l’affirme le journaliste du Montréal Campus, Stéphane Rolland : « l’UQAM sera appelée à tirer son épingle du jeu pour attirer les professeurs entre ses murs. »
Concordia fait le ménage
Enfin, l'un des derniers leviers politiques des étudiants de Concordia, celui de pouvoir déclencher un référendum avec une pétition de 500 signatures, a été définitivement supprimé de l’un des documents fondateurs de l'association des étudiants de l'autre université anglophone de Montréal, le 13 février dernier. Bien que ce privilège ait disparu en 2002 à cause d’une erreur typographique, cette omission n’a été constatée qu’en 2004, trop tard pour revenir en arrière. « Qui contrôle le présent contrôle le passé », constatent les journalistes du Link, Giuseppe Valiante et Rita Cant. Difficile de trouver une expression plus juste.
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