Et les lauréats sont…

Bons et mauvais coups dans le monde universitaire

Annonce d’une loi encadrant les frais afférents, dégel de subventions, quiproquos dans le mouvement étudiant (voir l’article « Tous ensemble? » en page 7), tensions entre professeurs et rectorat, campagne de tractage, grève étudiante, mobilisation : depuis quelque temps, ça bouge dans le milieu universitaire. Quartier Libre s’est prêté à l’exercice de souligner les bons et les moins bons coups des dernières semaines. Clin d’œil à la cérémonie des oscars et aux prix razzies.

Quartier d’or de la meilleure campagne de tractage
Distinction pour le meilleur bon coup toute catégorie

La grande gagnante : la FAÉCUM. Lors de la journée portes ouvertes de l’Université de Montréal qui avait lieu le 6 février, des membres de votre Fédération ont distribué des dépliants aux futurs étudiants potentiels (voir l’article « L’UdeM met la FAÉCUM en demeure », page 5). Ces brochures, qui prenaient la forme d’un petit livret au contenu informatif, ressemblaient tellement à un outil de promotion émis par l’Université elle-même, que les éventuels étudiants, voire toute personne qui a mis la main dessus, pouvaient s’y méprendre. On pouvait y lire, entre autres, que « l’avenir commence ailleurs » (clin d’œil au slogan de l’UdeM « L’avenir a besoin de vous ») et plusieurs données chiffrées sur la dette de l’Université ou les frais afférents que les étudiants devront payer pour y étudier. Chapeau à l’équipe conceptuelle!

Quartier d’or de l’effort gouvernemental
La lauréate : Mme Michelle Courchesne. Le 15 février dernier, la ministre de l’Éducation, de Loisir et du Sport proposait son règlement encadrant les frais institutionnels obligatoires (afférents) imposés par les universités aux étudiants québécois. « Un pas dans la bonne direction », a affirmé le président de la FEUQ, Jean-Patrick Brady, à la conférence de presse faisant suite à l’annonce du 15 janvier de la ministre Courchesne. En effet, c’est un début. Cette politique gouvernementale stipule qu’ « à partir de la prochaine année universitaire et pour une durée de trois ans, les frais institutionnels obligatoires seront encadrés par les règles budgétaires des universités [et que] des ententes devront être conclues entre les associations étudiantes et les administrations des établissements universitaires. » Heureusement, cette loi ne laisse pas de marge de manœuvre aux universités, car elle fixe une limite claire à leur pouvoir d’augmenter les frais des étudiants impunément. Malheureusement, les frais de scolarité eux ne sont pas encadrés et continueront d’augmenter. Il faut que la FAÉCUM, la FEUQ - tout le mouvement étudiant en fait - s’unissent pour faire pression sur le gouvernement pour qu’il instaure un système de prêts et bourses égalitaire et fonctionnel qui donne la chance à tous de faire des études post-secondaires. De plus, il faudra attendre la prochaine rentrée si l’on veut analyser plus en profondeur les forces et les failles de cette nouvelle initiative.

Mentionnons aussi que le ministère a finalement remis à l’UdeM la subvention conditionnelle 2006-2007 de 46 millions de dollars qui était retenue depuis juin. À cause des problèmes financiers de l’Université, le gouvernement retenait cette partie de la subvention jusqu’à ce qu’elle présente un plan de redressement. Bémol cependant : selon un article du Devoir publié le 29 janvier dernier, le montant des intérêts de l’UdeM pour les emprunts faits en attendant le dégel du gouvernement s’élevait à environ 10 000$ par jour. Selon les propos émis lors de l’assemblée universitaire (AU) de février, les intérêts étaient payés par le gouvernement jusqu’en 2005, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Vouloir encadrer les universités est nécessaire, mais il ne faudrait pas les étouffer.

Quartier d’or pour la solidarité étudiante chez un membre du corps professoral
Et le Quartier d’or revient à Laurence McFalls. Le professeur au Département de science politique est reconnu par les étudiants pour souvent adhérer à leurs idées et militer en leur faveur. Lors de l’AU de janvier, où l’accès aux étudiants (et à certains médias d’ailleurs) a d’abord été refusé, il a été le premier à défendre leur droit de pouvoir assister à cette assemblée publique.

Mentions d’honneur pour la solidarité étudiante chez un membre du corps professoral
Les professeurs Milton Campos et Samir Saul sont aussi beaucoup appréciés des étudiants pour, entre autres, leurs montées de lait face au rectorat de l’UdeM. Respectivement professeurs aux Départements de communication et d’histoire, ils sont généreux en commentaires lors des assemblées universitaires et ont également pris part à la discussion sur l’ouverture au public de l’AU du 21 janvier.

Quartier de plomb du projet le plus long à réaliser
Le lauréat : le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Et non, le gagnant n’est pas le projet du site de la garde de triage d’Outremont qui tarde lui aussi à être accompli, mais bien le CHUM dont la réalisation du projet s’éternise depuis… 12 ans! Un reportage à l’émission Enquête de Radio-Canada rapportait, la semaine dernière, le marasme politique entourant l’exécution de l’hôpital. La « politicaillerie » des derniers gouvernements - changements successifs de lieu, subjectivité des décisions prises, hésitations et longueur des débats - ont vraisemblablement retardé l’accomplissement du dossier, expose-t-on dans le reportage. Et parait-il, nous sommes loin d’avoir fini d’en entendre parler : la facture devrait être très salée. Le lieu a finalement été choisi (après trois tentatives dont le site d’Outremont) : le site de l’hôpital Saint-Luc au centre-ville. Espérons qu’il ne soit pas contaminé…

Quartier de plomb de tentative de mobilisation
Ex æquo : l’AFESH-UQAM et l’ASSÉ. Ce quartier de plomb pourrait être trempé dans une mince couche d’or pour l’effort déployé par ces deux entités importantes du mouvement étudiant à mobiliser les étudiants à manifester ou à faire la grève. Depuis janvier, l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM (AFESH-UQAM) est en grève générale illimitée (grève reconduite en février). Cependant, elle n’a pas réussi à mobiliser un grand nombre d’étudiants lors de certaines « actions de perturbation » comme celle du 22 février, où seulement quelques dizaines d'étudiants ont occupé le bureau d’une firme immobilière pour « mettre en relief les conséquences actuelles et anticipées de la crise financière de l’UQAM », lit-on dans le communiqué envoyé aux médias. Malheureusement, elle n’est pas parvenue à faire beaucoup parler d’elle et de ses actions dans médias. Encore une fois, si les étudiants mettaient un peu plus de foi dans leurs convictions et s’unissaient en plus grand nombre, on pourrait peut-être arriver à faire tendre l’oreille à Mme Courchesne.

Quant à l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), la sollicitation qu’elle a faite dans les différentes universités et collèges québécois a contribué à mobiliser 1000 personnes le 21 février dernier à Québec. Lors de récentes manifestations, ils ont déjà réussi à rassembler près de 2000 étudiants. La redondance de leurs revendications – gratuité scolaire à tous les niveaux - est sûrement en cause. Il faut définitivement prioriser l’instauration d’un système de prêts et bourses adéquat. En poussant en ce sens, on risque de sensibiliser un plus grand nombre de personnes tant au sein des universités que dans la population et au gouvernement.



Vous avez des bons et des mauvais coups du rectorat, des membres du mouvement étudiant ou du gouvernement dont vous voudriez nous faire part ? Place au débat ! Écrivez-nous : info@quartierlibre.ca

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