Que faites vous encore là?

Quartier Libre a enfin un site digne de ce nom!

C'est ici : www.quartierlibre.ca

Assemblée générale du Quartier Libre

Merci à la cinquante d'étudiants qui a participé à l'Assemblée générale de Quartier Libre, jeudi 28 février. Les nouveaux règlements généraux du journal ont été adoptés par l'assemblée qui a, par ailleurs, pris connaissance des états financiers des Publications du Quartier Libre pour la période 2005-2006 et 2006-2007.

En fin de séance, de nouveaux membres du conseil d'administration du journal ont été élus. Il s'agit, pour les membres collaborateurs de Clément Sabourin, Pascal Lamblin et Normand Forgues-Roy. Quant aux trois sièges réservés aux étudiants, Julien Provost, Sevan Kaloustian et Vincent Chapdelaine ont été élus.

Illustration : Clément de Gaulejac

Quartier Libre enquête : "Foi, croyance et vérité"

L’Organisation internationale de la Nouvelle Acropole (OINA) est listée comme un mouvement sectaire en France et en Belgique. Quartier Libre a cherché à savoir ce qu’il en était de la branche canadienne de l’organisation. Bilan de deux mois d’enquête, jusqu’au coeur de Nouvelle Acropole Canada.

Vanessa GAUVIN-BRODEUR
Thomas GERBET

"Vous êtes la seule personne inscrite à la conférence [Foi, croyance et vérité], elle n’aura donc pas lieu. Nous pourrions discuter ensemble, si vous voulez". Visiblement, Denis Bricnet attendait notre venue dans les locaux de la Nouvelle Acropole sur la rue Saint-Denis à Montréal. Le moment était venu de poser les vraies questions à son directeur.

MAUDITS JOURNALISTES

Au centre de la bibliothèque exiguë dans laquelle il nous reçoit, surprise : une petite table sur laquelle est posé un exemplaire de Quartier Libre. « C’est tellement facile pour les médias de dénoncer une secte. Vous en raffolez », lance Denis Bricnet avant d’ajouter : «Vous savez, nous aimerions être critiqués pour ce que nous sommes, de manière raisonnée et raisonnable. Nous ne sommes pas une religion. »

Les multiples assertions souvent issues d’associations anti-sectes françaises ont souvent été relayés par les médias, sans toujours apporter les vérifications d’usage [lire page 15]. Le Quartier Libre, lui-même, en 1996, publiait un article intitulé « Quand une secte néo-fasciste recrute sur le campus de l’université ». On pouvait notamment y lire que «Nouvelle Acropole est une organisation sectaire, développant une idéologie raciste et un rejet viscéral de la démocratie ». Quand on demande à Denis Bricnet si le sentiment d’injustice qu’il décrit ne lui donne pas envie d’arrêter, il répond : « Nous prenons ça avec philosophie. »

LE MÉLANGE DES GENRES

Denis Bricnet n’est pas un philosophe au sens académique du terme. Étudiant en bio-générique en France dans les années 1970, il immigre au Canada quelques années plus tard avec sa femme,
Catherine Guillerme, et fonde, en 1984, la branche canadienne de la Nouvelle Acropole. Tous deux vivent de leur profession de formateurconférencier. Malgré un mélange des genres apparent, Denis Bricnet certifie que sa femme et lui ne font pas de promotion pour la Nouvelle Acropole dans le cadre de leur travail. L’inverse semble bien moins probable.

Un rapide comparatif entre les cours offerts par le couple au sein de la Nouvelle Acropole et dans le privé montre une très grande similitude. Ainsi, M.Bricnet offre des formations de communication orale sous ses deux casquettes et de Mme Guillerme délivre ses connaissances en morphopsychologie et en orientation de carrière dans les deux cadres, associatif et professionnel. Pour sa défense, M. Bricnet indique que sa femme et lui mettent leurs «qualification professionnelle au service de l’association ». Il jure ne jamais mentionner l’existence de Nouvelle Acropole dans le cadre de son travail et « tout [faire] pour que les gens n’aient pas connaissance de cette double activité ». La liste des conférences offerte sur le site de Nouvelle Acropole comprend pourtant des liens directs vers les sites professionnels de M. Bricnet et Mme Guillerme. Une rapide recherche à partir des URL des sites respectifs montrent au passage que le webmestre est étiqueté « New Acropolis ».

Les conférences et cours offerts par la Nouvelle Acropole sont divers et variés, allant de l’orientation de carrière à la philosophie orientale, en passant par le tai-chi et la nutrithérapie. Une exposition sur le thème du Seigneur des anneaux a même été offerte en 2002. Dans un article intitulé «Les stratégies de recrutement des groupes sectaires », paru dans la revue Religiologiques en 2000, Elisabeth Campos, chercheuse au Centre international de criminologie comparée de l’UdeM, citait le nom de la Nouvelle Acropole. Elle mentionnait que «certains groupes organisent des réunions autour de thèmes susceptibles d’intéresser un auditoire […]. Certains thèmes ont une grande portée, comme la vie après la mort, la transcommunication ou la réincarnation. […] Lors de ces regroupements, des membres prestigieux du groupe peuvent être invités à faire des discours. » En avril 2007, Catherine Guillerme offrait une conférence intitulée « Tibet et réincarnation ». Il était mentionné dans le descriptif que cette conférence répondrait notamment aux questions suivantes : « Comment rencontrer sa propre âme? » et « Qu’est ce qui arrive après la mort physique ? ».



Denis Bricnet et Catherine Guillerme, tout comme l’ensemble des enseignants de la Nouvelle Acropole, n’hésitent pas à se qualifier de professeurs de philosophie. Ils en ont le droit, indique Michel- Rémi Lafond, président du conseil d’administration de la Société de philosophie du Québec. Selon lui, « si on se place d’un point de vue académique, les cours de la Nouvelle Acropole ne relèvent pas de la philosophie ». M. Lafond prévient qu’il va soulever le point lors de la prochaine réunion de son organisation en mars.


L’UNESCO : LE FAUX AMI


Le 15 novembre 2007, on pouvait lire sur le site nouvelleacropole.org : « Nous célébrons la sixième journée mondiale de la philosophie sous l’égide de l’UNESCO». « Je condamne » répond Alysouk Lynhiavu, chargé des affaires publiques et coordonnateur national du réseau canadien des écoles associées de l’UNESCO lorsque l’on mentionne l’expression « sous l’égide ». « Nous avions déjà été approchés pour leurs évènements à Ottawa et on leur avait dit non.» En janvier 2005, déjà, l’UNESCO avait demandé à Nouvelle Acropole de retirer le lien vers son site Internet. Le souhait de la Nouvelle Acropole, selon son directeur, n’était que d’encourager les dons pour les victimes du tsunami de décembre 2004. Il semble qu’encore une fois, « la rumeur », comme il l’appelle, ait eu raison des Acropolitains.

HISTORIQUE
L’Organisation de la Nouvelle Acropole (OINA) a été fondée en 1957. La branche canadienne date de 1984.
NOMBRE DE MEMBRES
L’OINA revendique plus de 10 000 adeptes. Au Canada, il y a une centaine de membres, dont environ 50 à Montréal. Les membres se nomment des « Acropolitains ».
FORMATION
La formation acropolitaine comporte sept cycles de cours. Denis Bricnet, le directeur de la branche canadienne, n’a pas encore terminé son cinquième cycle.
MISSION
Le défi que s’est donné la Nouvelle Acropole et qui est indiqué sur le site de l’association est «de passer d’une culture conformiste, qui change en fonction des modes, à la réactualisation des valeurs essentielles de la philosophie, des sciences et des arts, pour trouver une nouvelle dynamique qui nous permette de construire l’avenir ». Denis Bricnet indique que la Nouvelle Acropole est une École de philosophie à la manière classique. «Nous faisons la promotion d’un mode de vie», indique-t-il.
EST-CE UNE RELIGION ?
Denis Bricnet avoue avoir « un intérêt pour l’ésotérisme » mais assure que la pensée acropolitaine « n’est pas une religion». Lors de notre venue dans les locaux de la rue Saint- Denis, nous avons remarqué un atelier de confection de statuettes ésotériques en terre cuite vendues quelques dizaines de dollars.
RÈGLEMENTS
Il existe un document interne mensuel nommé Le Bastion, que nous avons pu consulter sans possibilité d’en obtenir une copie. Il y était notamment écrit que les membres doivent «toujours mettre en avant [leur] être acropolitain, pour surmonter les frictions de la personnalité ». Denis Bricnet assure qu’il n’existe aucun règlement intérieur, sinon quelques principes tacites de respect.
BUDGET
60% du budget de Nouvelle Acropole Canada vient des cotisations (le tarif de base est de 50$ par mois). Denis Bricnet certifie qu’« il n’y a pas de dîme ». Il explique que le prix augmente en fonction de l’implication dans l’association.

Lutte contre les sectes en Occident : entre laxisme et "sectisme"

Officiellement, le Canada ignore ce qu’est une secte. Sans définition légale, la lutte se fait très prudente, voire discrète. En Europe francophone, au contraire, de nombreuses lois restreignent drastiquement la dérive sectaire, jusqu’à rendre publiques des listes d’organisations à la limite de la diffamation. Comparaison de deux extrémismes dans la lutte.
Vanessa GAUVIN-BRODEUR
Thomas GERBET
En 2006, un jugement de la cour suprême de Colombie-Britannique, condamnant à 16 mois de prison ferme la Française Nathalie Gettliffe, défraie la chronique et échauffe la diplomatie franco-canadienne. On reproche à l’ex-épouse du Canadien Scott Grant sa décision de rapatrier ses deux enfants en France sans autorisation légale. Motif invoqué par l’accusée : son ex-mari est membre de l’Église internationale du Christ et elle craint pour la santé physique et psychologique de ses enfants. L’organisation est bel et bien répertoriée comme une secte par la France, mais pas par le Canada. Cette affaire illustre l’opposition entre deux conceptions de la lutte contre les sectes, par deux États occidentaux laïcs.

Le Canada « ne ressent pas le besoin de créer une loi spéciale concernant les sectes », explique Mike Kropveld, président d’Info-secte, un organisme non gouvernemental de documentation et d’information basé à Montréal. Les lois en vigueur sont considérées comme suffisantes pour protéger les citoyens et punir les individus déviants à l’intérieur de ces groupes. La position du Canada est beaucoup plus souple qu’en Europe où certains pays, comme la France et la Belgique, sont moins tolérants face à des mouvements comme l’Église de scientologie, le mouvement raëlien et même vis-à-vis d’organisations dont le sectarisme n’a pas été démontré, comme la Nouvelle Acropole.

L’EUROPE FRANCOPHONE RATISSE LARGE

Selon un rapport de la Mission interministérielle française de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de 1999, « une secte est une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l’Homme et à l’équilibre social. » La définition est souvent remaniée par la justice française. Les qualificatifs d’organisation «hiérarchique, coercitive, à but lucratif» ont déjà été retenus. En 1995, la commission Gest-Guyard avait été jusqu’à établir une liste décriée de 172 organisations – auxquelles s’ajoutaient les Témoins de Jéhovah – classées comme « sectes dangereuses ». La branche française de la Nouvelle Acropole faisait par exemple partie de cette liste.

En Belgique, l’organisation ResistanceS, qui se veut un observatoire de l’extrême droite et des mouvements sectaires, n’a pas hésité à présenter la Nouvelle Acropole comme une « étrange organisation prônant l’élitisme et l’inégalitarisme (sic) ». La prévention des dommages psychologiques, monétaires ou physiques des citoyens motive les nombreuses campagnes de mise en garde en France, en Belgique et en Suisse.

Ces dénonciations dépassent les limites de la diffamation, selon plusieurs spécialistes comme Lorraine Derocher, chargée de cours à la Faculté de théologie, d’éthique et de philosophie de l’Université de Sherbrooke et membre du Centre d’études sur les nouvelles religions (CESNUR). Elle pose l’hypothèse que «les rumeurs de dangerosité qui atteignent les sectes actuellement sont le fruit de pensées racisantes» qu’elle définit par le concept de « sectisme ».

En octobre 2007, la Miviludes française s’est retrouvée sur la sellette, son président, Jean-Michel Roulet, ayant été mis en examen pour diffamation après avoir accusé les Témoins de Jéhovah d’utiliser à mauvais escient leurs fonds récoltés.

MESURER SON INFORMATION

M. Kropveld, d’Info-secte, précise qu’il faut faire attention lorsqu’on s’attarde à étiqueter une association comme secte: « Souvent, on accuse sans analyser. Il faut regarder quelles sont les règles les codes, la structure. Demander de l’argent ne fait pas de toi une secte », prévient-il, avant d’ajouter que « les mouvements évoluent et changent, comme les individus ». Certaines branches d’organisations peuvent en effet développer des pratiques plus sectaires que d’autres. Certaines pouvaient aussi avoir été des sectes et ne plus l’être aujourd’hui – et inversement. D’où la vigilance et la documentation continuelle à laquelle M. Kropveld s’astreint.
Certaines dénonciations recueillies par Quartier Libre manquent terriblement de preuves. Par exemple, en ce qui concerne la Nouvelle Acropole, Matthieu Cossu, responsable de revensectes en France, indique qu’elle est « une secte dangereuse, mais on ne s’en rend pas compte ». Lorsqu’on lui demande sur quoi il se base, il répond : « Je n’ai jamais reçu de témoignages de quelqu’un de la Nouvelle Acropole, mais j’ai vu des émissions de télévision et j’entends des choses. »

M. Kropveld concède que « la France est perçue comme étant plus interventionniste », mais il soutient qu’il faut « évaluer les faits, en regardant le fonctionnement de l’organisation d’une manière globale, sans se concentrer sur quelques critères particuliers ». Entre l’objectivité, menaçant de tendre vers le laxisme, et la subjectivité, menaçant de tendre vers le sectisme, il y a des organisations qui agissent. Certaines mériteraient d’être laissées tranquilles, d’autres démantelées. Reste à décider lesquelles.

Et les lauréats sont…

Bons et mauvais coups dans le monde universitaire

Annonce d’une loi encadrant les frais afférents, dégel de subventions, quiproquos dans le mouvement étudiant (voir l’article « Tous ensemble? » en page 7), tensions entre professeurs et rectorat, campagne de tractage, grève étudiante, mobilisation : depuis quelque temps, ça bouge dans le milieu universitaire. Quartier Libre s’est prêté à l’exercice de souligner les bons et les moins bons coups des dernières semaines. Clin d’œil à la cérémonie des oscars et aux prix razzies.

Quartier d’or de la meilleure campagne de tractage
Distinction pour le meilleur bon coup toute catégorie

La grande gagnante : la FAÉCUM. Lors de la journée portes ouvertes de l’Université de Montréal qui avait lieu le 6 février, des membres de votre Fédération ont distribué des dépliants aux futurs étudiants potentiels (voir l’article « L’UdeM met la FAÉCUM en demeure », page 5). Ces brochures, qui prenaient la forme d’un petit livret au contenu informatif, ressemblaient tellement à un outil de promotion émis par l’Université elle-même, que les éventuels étudiants, voire toute personne qui a mis la main dessus, pouvaient s’y méprendre. On pouvait y lire, entre autres, que « l’avenir commence ailleurs » (clin d’œil au slogan de l’UdeM « L’avenir a besoin de vous ») et plusieurs données chiffrées sur la dette de l’Université ou les frais afférents que les étudiants devront payer pour y étudier. Chapeau à l’équipe conceptuelle!

Quartier d’or de l’effort gouvernemental
La lauréate : Mme Michelle Courchesne. Le 15 février dernier, la ministre de l’Éducation, de Loisir et du Sport proposait son règlement encadrant les frais institutionnels obligatoires (afférents) imposés par les universités aux étudiants québécois. « Un pas dans la bonne direction », a affirmé le président de la FEUQ, Jean-Patrick Brady, à la conférence de presse faisant suite à l’annonce du 15 janvier de la ministre Courchesne. En effet, c’est un début. Cette politique gouvernementale stipule qu’ « à partir de la prochaine année universitaire et pour une durée de trois ans, les frais institutionnels obligatoires seront encadrés par les règles budgétaires des universités [et que] des ententes devront être conclues entre les associations étudiantes et les administrations des établissements universitaires. » Heureusement, cette loi ne laisse pas de marge de manœuvre aux universités, car elle fixe une limite claire à leur pouvoir d’augmenter les frais des étudiants impunément. Malheureusement, les frais de scolarité eux ne sont pas encadrés et continueront d’augmenter. Il faut que la FAÉCUM, la FEUQ - tout le mouvement étudiant en fait - s’unissent pour faire pression sur le gouvernement pour qu’il instaure un système de prêts et bourses égalitaire et fonctionnel qui donne la chance à tous de faire des études post-secondaires. De plus, il faudra attendre la prochaine rentrée si l’on veut analyser plus en profondeur les forces et les failles de cette nouvelle initiative.

Mentionnons aussi que le ministère a finalement remis à l’UdeM la subvention conditionnelle 2006-2007 de 46 millions de dollars qui était retenue depuis juin. À cause des problèmes financiers de l’Université, le gouvernement retenait cette partie de la subvention jusqu’à ce qu’elle présente un plan de redressement. Bémol cependant : selon un article du Devoir publié le 29 janvier dernier, le montant des intérêts de l’UdeM pour les emprunts faits en attendant le dégel du gouvernement s’élevait à environ 10 000$ par jour. Selon les propos émis lors de l’assemblée universitaire (AU) de février, les intérêts étaient payés par le gouvernement jusqu’en 2005, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Vouloir encadrer les universités est nécessaire, mais il ne faudrait pas les étouffer.

Quartier d’or pour la solidarité étudiante chez un membre du corps professoral
Et le Quartier d’or revient à Laurence McFalls. Le professeur au Département de science politique est reconnu par les étudiants pour souvent adhérer à leurs idées et militer en leur faveur. Lors de l’AU de janvier, où l’accès aux étudiants (et à certains médias d’ailleurs) a d’abord été refusé, il a été le premier à défendre leur droit de pouvoir assister à cette assemblée publique.

Mentions d’honneur pour la solidarité étudiante chez un membre du corps professoral
Les professeurs Milton Campos et Samir Saul sont aussi beaucoup appréciés des étudiants pour, entre autres, leurs montées de lait face au rectorat de l’UdeM. Respectivement professeurs aux Départements de communication et d’histoire, ils sont généreux en commentaires lors des assemblées universitaires et ont également pris part à la discussion sur l’ouverture au public de l’AU du 21 janvier.

Quartier de plomb du projet le plus long à réaliser
Le lauréat : le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Et non, le gagnant n’est pas le projet du site de la garde de triage d’Outremont qui tarde lui aussi à être accompli, mais bien le CHUM dont la réalisation du projet s’éternise depuis… 12 ans! Un reportage à l’émission Enquête de Radio-Canada rapportait, la semaine dernière, le marasme politique entourant l’exécution de l’hôpital. La « politicaillerie » des derniers gouvernements - changements successifs de lieu, subjectivité des décisions prises, hésitations et longueur des débats - ont vraisemblablement retardé l’accomplissement du dossier, expose-t-on dans le reportage. Et parait-il, nous sommes loin d’avoir fini d’en entendre parler : la facture devrait être très salée. Le lieu a finalement été choisi (après trois tentatives dont le site d’Outremont) : le site de l’hôpital Saint-Luc au centre-ville. Espérons qu’il ne soit pas contaminé…

Quartier de plomb de tentative de mobilisation
Ex æquo : l’AFESH-UQAM et l’ASSÉ. Ce quartier de plomb pourrait être trempé dans une mince couche d’or pour l’effort déployé par ces deux entités importantes du mouvement étudiant à mobiliser les étudiants à manifester ou à faire la grève. Depuis janvier, l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM (AFESH-UQAM) est en grève générale illimitée (grève reconduite en février). Cependant, elle n’a pas réussi à mobiliser un grand nombre d’étudiants lors de certaines « actions de perturbation » comme celle du 22 février, où seulement quelques dizaines d'étudiants ont occupé le bureau d’une firme immobilière pour « mettre en relief les conséquences actuelles et anticipées de la crise financière de l’UQAM », lit-on dans le communiqué envoyé aux médias. Malheureusement, elle n’est pas parvenue à faire beaucoup parler d’elle et de ses actions dans médias. Encore une fois, si les étudiants mettaient un peu plus de foi dans leurs convictions et s’unissaient en plus grand nombre, on pourrait peut-être arriver à faire tendre l’oreille à Mme Courchesne.

Quant à l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), la sollicitation qu’elle a faite dans les différentes universités et collèges québécois a contribué à mobiliser 1000 personnes le 21 février dernier à Québec. Lors de récentes manifestations, ils ont déjà réussi à rassembler près de 2000 étudiants. La redondance de leurs revendications – gratuité scolaire à tous les niveaux - est sûrement en cause. Il faut définitivement prioriser l’instauration d’un système de prêts et bourses adéquat. En poussant en ce sens, on risque de sensibiliser un plus grand nombre de personnes tant au sein des universités que dans la population et au gouvernement.



Vous avez des bons et des mauvais coups du rectorat, des membres du mouvement étudiant ou du gouvernement dont vous voudriez nous faire part ? Place au débat ! Écrivez-nous : info@quartierlibre.ca

La passion de la raison

Après les politiciens et les citoyens, voici que les scientifiques purs et durs se jettent sur la question religieuse. Cette fameuse question qui engendre tant de débats. Parmi ces promoteurs de la pensée rationnelle: les Sceptiques du Québec. Quartier Libre a assisté à leur assemblée générale.

Cécile DELPORTE

Fondée il y a 21 ans, l’association des Sceptiques du Québec compte environ 400 membres. Son objectif est officiellement de « promouvoir la pensée critique et la rigueur scientifique dans le cadre de l’étude d’allégations de nature pseudo-scientifique, religieuse, ésotérique ou paranormale». Dix fois par année, les Sceptiques organisent des conférences autour de thèmes variés comme l’éthique, l’écologie, l’économie, ou encore les produits de consommation. Depuis un peu moins de cinq ans, un nouveau thème est apparu, jusque-là tabou : la religion.

OSER CRITIQUER LA RELIGION

Les Sceptiques du Québec s’inscrivent dans le courant actuel de questionnement scientifique des
croyances religieuses. Même si Louis Dubé, président de l’association, souligne que « les scceptiques ont toujours parlé de religion», on ne peut que constater qu’ils se permettent désormais d’aborder ouvertement le sujet, et ce, depuis la parution, il y a quatre ans, du dossier
« Scepticisme et religion » dans leur revue, Le Québec sceptique. Le prochain numéro de ce
magazine sera même entièrement consacré à ce sujet en avril.

Selon M. Dubé, pour la majorité des membres de son association, la religion est « une croyance comme une autre, sujette à vérification » et à laquelle on peut appliquer la démarche sceptique. Il rappelle que « la science ne peut pas dire si Dieu existe ou non », mais qu’elle peut cependant remettre en question certains mythes que les religions font passer pour des faits. «Dès qu’une religion fait des assertions sur la réalité qui ne sont pas valables aux yeux de la science, nous [les] contestons », insiste François Filiatrault, membre du conseil d’administration des
Sceptiques.

LA DÉMARCHE SCEPTIQUE FACE AUX CROYANCES

Denis Hamel, auteur d’un article sur la religion à paraître dans le prochain numéro de Québec
sceptique, explique que la démarche de l’association « consiste à étudier la cohérence des croyances religieuses, l’originalité des documents supportant ces croyances et le fait qu’elles ne soient pas contradictoires avec la connaissance scientifique actuelle ».

Ainsi, M. Hamel nous explique que scientifiquement, le déroulement chronologique de la genèse tel qu’il est présenté dans la bible est invalide ; il est en effet impossible que les plantes aient été créées le troisième jour, alors qu’elles ont besoin du soleil qui, lui, a été créé le quatrième jour.
M. Hamel critique aussi le fait que certaines croyances religieuses ne soient pas « conformes
avec les droits de l’Homme », précisant au passage que ce point n’engage que lui. Il remet en question, par exemple, les textes religieux qui vont à l’encontre de l’égalité homme-femme.
Ainsi, dans le Lévitique (chap. 12), une femme qui enfante une fille est considérée comme
« impure » plus longtemps (deux semaines) que si elle accouche d’un garçon (une semaine),
sans aucune justification.

UNE QUESTION SENSIBLE

Certains membres réclament que l’organisation prenne position sur les débats de société. Pour
l’heure, M. Dubé reste opposé à cette idée, tout comme la majorité des membres des Sceptiques,
leur laissant tout de même la possibilité de le aire en leur nom : « Je ne suis pas farouchement
opposé à ce que les Sceptiques prennent position sur les grands principes de “démocratie, justice, liberté et laïcité”, mais j’estime que ce n’est pas là leur rôle. »

La conférence du jeudi 13 mars prochain portera sur le récent ouvrage de Lorraine Derocher Vivre son enfance au sein d’une secte religieuse. Toutes les conférences se tiennent au Centre St-Pierre, 1212 rue Panet, Montréal et commencent à 19 heures. Le prix d’entrée est 10 $ pour les non-membres.

Pommi-culture


Il existe un culte du Macintosh. À écouter certains utilisateurs de produits Apple, la compagnie aurait pu être fondée pour réaliser l’Éden technologique sur terre. L’iPhone serait un « JesusPhone » et le président Steve Jobs, un gourou visionnaire avec de ferventes ouailles cherchant à « convertir » les pauvres âmes encore sous l’emprise de Windows. Lavage de cerveau ou foi sincère ?



Alexandre CAYLA




C’est vrai qu’Apple bénéficie d’un appui hors normes de ses utilisateurs, mais il ne faut pas croire que celui-ci s’apparente au sentiment religieux», estime Leander Kahney, rédacteur en chef de Wired News, la mouture Web du magazine technologique Wired. « En fait, poursuit-il, les utilisateurs de Mac ont un sens de l’autodérision très développé. Les relents de discours religieux ne devraient pas être pris au sérieux. »



Selon ce féru de Macintosh, l’attachement qu’ont les utilisateurs d’ordinateurs Mac envers Apple est particulier, mais pas unique. « Il n’est pas rare de voir des gens affirmer leur personnalité à travers des marques. Ce qui est particulier avec Apple, c’est qu’elle a une image de marque très claire et que, comme il s’agit de produits technologiques, les gens se réalisent à travers eux. » Mais alors, pourquoi les ordinateurs sous Windows n’ont pas autant de fervents supporteurs ?



« Windows n’est pas fait pour le consommateur moyen, il a été conçu pour les entreprises tandis
que le Mac est destiné à la consommation de masse avec des applications intégrées », pense M. Kahney. Sous Windows, les gens pourront installer des logiciels de photo ou de vidéo par la suite, « mais l’expérience ne sera pas aussi harmonieuse », ajoute-t-il.



Faisant écho aux propos de plusieurs utilisateurs de Mac, Arnaud Bergeron, étudiant en informatique à l’Université de Montréal et utilisateur de Mac de longue date, dit apprécier les ordinateurs d’Apple pour des raisons rationnelles : « Ils sont tout simplement meilleurs. L’utilisation est plus simple, le système d’exploitation est plus stable et généralement, quand tu achètes un Mac, tu sais qu’il va durer longtemps. » Selon lui, si les utilisateurs essaient de convaincre leurs amis de se procurer des Mac, c’est parce qu’ils sont satisfaits de leur achat. « Quand tu aimes un artiste, tu vas le recommander à ton ami », illustre-t-il.



APPARTENIR À UNE MARQUE



Selon Jean-Sébastien Marcoux, professeur agréé à HEC Montréal, les communautés de marque sont très réelles : «Les utilisateurs de Mac vont se définir en opposition aux utilisateurs Windows qui, eux, sont majoritaires. » M. Marcoux est incapable d’expliquer empiriquement quel est la facteur clé de ce succès ou même par quel processus mécanique le phénomène de la « Mac-mania » se produit. En revanche, il est catégorique : « Ce n’est pas un accident de parcours, les gens qui gèrent cette marque-là sont des génies. » Leander Kahney abonde dans le même sens : « Ce qui fait d’Apple une compagnie si forte est que Steve Jobs est capable de voir les limites des technologies actuelles et de proposer des produits qui les exploitent à leur plein potentiel. »



De plus, après avoir répondu aux besoins des gens, la compagnie maintiendrait en vie le sentiment de communauté en s’assurant de répondre à leurs questions et en apportant des solutions immédiates. « Tout comme les communautés religieuses, on s’assure que vous soyez pris en charge et on prend soin de vous, parce que vous appartenez à quelque chose de spécial », conclut-il.

Petit cours de propagande

Sarrah Osama

La propagande n’est pas née de l’esprit de Goebbels ou de Staline. C’est aux États-Unis, dans les années 1920, qu’Edward Bernays – neveu de Sigmund Freud et l’un des pères des « relations publiques » – lui a donné naissance. Avec Propaganda, réédition de l’ouvrage classique de Bernays paru en 1928, le lecteur voyage aux racines de la manipulation de l’opinion. La présentation de Normand Baillargeon (Petit cours d’autodéfense intellectuelle), rend sa lecture encore plus savoureuse.

En 1919, Edward Bernays ouvre un « Bureau de relations publiques » à New York où il se donne le titre de «conseiller en relations publiques ». Il s’occupe alors de plusieurs campagnes pour Proctor & Gamble, General Electric et American Tobacco Co. Le professeur-essayiste-philosophe Normand Baillargeon, qui présente l’essai, explique que M. Bernays n’était pas le seul à pratiquer le métier dans les années 1920, mais il était le premier à vouloir « appuyer sa pratique des relations publiques à la fois sur les sciences sociales [...] et sur diverses techniques issues de ces sciences. » Il s’inspire de la psychanalyse, avec laquelle il était familier grâce à son oncle Sigmund Freud à qui il vouait une admiration sans bornes. Par exemple, il demanda conseil au psychanalyste Abraham Arden Brill pour bien mener sa campagne visant à amener les femmes à fumer.
M.Bernays cherchait aussi à « fournir un fondement philosophique et politique aux relations publiques et des balises éthiques à leur pratique. » C’est pourquoi il est scandalisé d’apprendre que Joseph Goebbels, chef de la propagande nazie, avait ses ouvrages dans sa bibliothèque et admirait sa conception de la propagande et des relations publiques. Bernays a tenté de redonner au terme « propagande » une acception neutre même s’il admet qu’elle demeure toujours une "manipulation consciente et intelligente des opinions et des habitudes organisées des masses. » Les relations publiques forment «un gouvernement invisible » où une poignée d'individus amène "une majorité [à penser] dans le sens de ses intérêts. »
L’auteur croit que la propagande est une forme d’éducation des masses dans tous les domaines :
politique, économique, scientifique, artistique et même féministe. Selon M. Bernays, la propagande, qui « crée de l’ordre à partir du chaos », ne cessera jamais d’exister. Encore aujourd’hui, rien n’est plus vrai.
Même après 80 ans, l’essai d’Edward Bernays reste d’actualité et montre le pouvoir tentaculaire des firmes de relations publiques. Efficacement mis en contexte par Normand Baillargeon, cet ouvrage explique de façon simple l’implication des relations publiques dans presque tous les domaines et éclaire les procédés de mainmise de la propagande sur tous les citoyens. Une lecture à « propager ».
Propaganda, Edward Bernays, Lux éditeur, 2008

Langues autochtones : extinction de voix

Les résultats du recensement de 2006, rendus publics à la mi-février 2008, soulignent la stabilité relative de l’usage des langues autochtones parmi les Premières Nations. Contestées par certains, ces données suscitent autant d’espoir que de craintes.
Laurent JUVANON
C’est une vraie lueur d’espoir ! », commente Mark Abley en découvrant que, chez les membres des Premières Nations, près du quart des jeunes de 15 à 24 ans sont encore capables de communiquer dans leur langue ancestrale. Selon ce journaliste, auteur du livre Parlez-vous boro ? Voyage aux pays des langues menacées, les données du recensement de 2006 sont moins sombres que prévu : «On dirait que beaucoup de peuples du Canada perdent leur langue moins vite que dans les dernières décennies. »

D’autres observateurs sont moins enchantés par ce dernier recensement. « Ces chiffres ne nous apprennent rien, déplore Daniel Wilson, conseiller spécial auprès de l’Assemblée des Premières Nations (APN), seules deux de nos langues autochtones sont viables à long terme» Il s’agit du cri, parlé de l’Alberta jusqu’au Québec, et de l’ojibway, répandu dans la région des Grands Lacs et plus à l’ouest. Les autres sont menacées d’une disparition plus ou moins rapide. À noter que l’inuktitut reste lui aussi viable avec 50 % de la population inuit qui déclare le parler à la maison (Statistique Canada).

Résolument critique, Daniel Wilson conteste la fiabilité de l’enquête et doute de l’aptitude des agents du recensement à évaluer la capacité des personnes interrogées à s’exprimer dans une langue autochtone. Son opinion rejoint celle d’Amos Key, un membre de la nation Cayuga qui se bat depuis 25 ans pour la survie de ces langues. Celui-ci souligne les limites d’une enquête boycottée par de nombreux résidants des réserves indiennes.

DIFFICULTÉS À INTERPRÉTER LES CHIFFRES

« Le décompte des autochtones au Canada a toujours été un défi », reconnaît Jean-Pierre Corbeil, spécialiste en chef des statistiques inguistiques de Statistique Canada. Ces données, aussi imparfaites soientelles, permettent néanmoins de vérifier des tendances connues comme ’usage des langues ancestrales qui demeure peu présent. Ainsi, plus de 70 % des membres des Premières Nations se disent incapables de soutenir une conversation dans l’une d’entre elles.

Des quelque 60 langues autochtones du Canada, bon nombre seraient menacées à des degrés différents. Pour certaines, comme le haida ou le kutenai, parlées en Colombie-Britannique, la situation serait quasi désespérée. « Pour ces langues très rares, le silence semble de plus en plus
inévitable », s’attriste Mark Abley. Mary Jane Norris, démographe au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, se refuse à porter un jugement de valeur sur ces chiffres. Elle souligne cependant que ces chiffres sont relativement stables et qu’ils «suggèrent un engagement continu des Premières Nations dans l’apprentissage, l’enseignement et la transmission de leurs langues traditionnelles aux jeunes générations».

Le recensement démontre par ailleurs que pour beaucoup de locuteurs autochtones, la langue parlée n’est pas maternelle, mais seconde. Cette proportion atteint même 40 % pour certaines
idiome comptant très peu de locuteurs comme le tsimshian et le tlingit – en Colombie-Britannique. « Le nombre croissant de locuteurs, de langue seconde s’inscrit dans un processus de redynamisation de la langue », précise Mary Jane Norris.

« Cet engouement pour nos langues ancestrales est le signe d’une renaissance en cours que j’observe sur le terrain », déclare Amos Key qui considère ce mode de transmission des langues autochtones comme l’une des clés de leur survie.

LE QUÉBEC COMME MODÈLE

Balayant cette solution, Daniel Wilson préfère mettre en avant les revendications de l’Assemblée des Premières Nations : « Ce dont ces langues ont besoin, c’est d’une protection réelle et appropriée, comme cela s’est fait pour le français au Québec. Elles doivent être utilisées dans nos écoles comme de véritables langues d’enseignement, sous le contrôle des Premières Nations elles-mêmes, à l’aide d’un financement accru. »

Une opinion partagée par Amos Key, qui souligne que la préservation du trésor linguistique canadien nécessite un véritable effort, à commencer par la conduite d’études approfondies sur les conditions de la transmission de ces langues. Un espoir qui pourrait être comblé en partie : Jean-Pierre Corbeil annonce la publication prochaine de deux grandes enquêtes portant sur les peuples autochtones. Celles-ci devraient permettre de comprendre de façon encore un peu plus approfondie la réalité méconnue des Premières Nations.

Revue de presse universitaire

La démocratie des biscuits

Quartier Libre a épluché les différents journaux étudiants des universités du Québec et du reste du Canada. Cette semaine, la politique étudiante en occupe l’avant-scène.

Hugo PRÉVOST


Le moral est au plus bas chez la population étudiante de McGill, suite à l'échec de l’assemblée générale de l’Association étudiante – l’AÉUM, plus connue sous l'acronyme anglais SSMU –, faute d’avoir pu atteindre le quorum. En dépit des 4 000 $ dépensés afin d’attirer les étudiants, seulement 120 d’entre eux se sont présentés à l’évènement. Ils auraient dû être au minimum 374 pour que le quorum des 2 % des membres de l’AÉUM soit respecté.
Bien que les étudiants puissent désormais ratifier en ligne les motions à l’ordre du jour, la mobilisation étudiante semble, tout comme à l’UdeM, avoir beaucoup de plomb dans l’aile. Les journalistes du McGill Daily et du Délit s’en sont donnés à cœur joie. Max Halparin signale que « pour attirer les étudiants à l’AG avec de la nourriture, l’AÉUM a acheté des croustilles et des biscuits. Plusieurs étudiants ont fait la blague qu’il y avait plus de biscuits que de gens dans la salle. »
Laurence Martin, la rédactrice en chef du Délit, s'indigne du fait qu’une étudiante ait pu se faire chanter « Bonne Fête » en faisant voter une motion en ce sens : « Comme quoi l’imbécilité est encore partie intégrante de l’Université McGill, ce lieu de la haute culture où les notions de “sphère sociale” et “sphère politique” ont perdu leurs distinctions respectives alors qu’elles constituent toutes leurs richesses. »

Professeurs à l’UQAM : une espèce menacée ?


Dur temps pour la négociation, alors que le syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ) entame présentement le renouvellement de sa convention collective. L’UQAM traversant une période financière difficile, les membres du syndicat craignent de faire les frais du plan de redressement. Les deux parties pourraient même arriver à un bras de fer, puisque 40 % du corps professoral devra être renouvelé d’ici cinq ans. Le rectorat et le syndicat se retrouvent donc coincés dans une situation qui peut sembler inexpugnable : soit l’administration et les syndiqués acceptent de signer une convention collective respectant le plan de redressement (offrant des bonnes conditions aux professeurs), soit les professeurs partiront pour des universités aux conditions salariales meilleures. En effet, les professeurs titulaires de l’UQAM gagnent en moyenne 10 000 $ de moins que ceux de l’UdeM ou de l'Université de Sherbrooke. Comme l’affirme le journaliste du Montréal Campus, Stéphane Rolland : « l’UQAM sera appelée à tirer son épingle du jeu pour attirer les professeurs entre ses murs. »

Concordia fait le ménage


Enfin, l'un des derniers leviers politiques des étudiants de Concordia, celui de pouvoir déclencher un référendum avec une pétition de 500 signatures, a été définitivement supprimé de l’un des documents fondateurs de l'association des étudiants de l'autre université anglophone de Montréal, le 13 février dernier. Bien que ce privilège ait disparu en 2002 à cause d’une erreur typographique, cette omission n’a été constatée qu’en 2004, trop tard pour revenir en arrière. « Qui contrôle le présent contrôle le passé », constatent les journalistes du Link, Giuseppe Valiante et Rita Cant. Difficile de trouver une expression plus juste.